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Centre et périphérie: pour un renouvellement des perspectives (séance de discussion)

Dimanche Novembre 11, 2018

Anne-Marie Maïla-Afeiche

Directrice, Musée national de Beyrouth, Liban

Abstract

Les musées d’État au Liban : promouvoir la périphérie pour contrebalancer le centre

Les musées jouent un rôle important de vitrines de l’identité nationale. Depuis sa création en 1942, le Musée national de Beyrouth, en tant que musée d’État, a largement contribué au développement d’un sentiment de fierté pour le patrimoine local. L’exposition et la mise en valeur d’objets archéologiques exclusivement issus du sol libanais permettent non seulement de montrer les trésors nationaux, mais également de témoigner de l’histoire du pays. Du fait qu’il a été en partie détruit pendant la guerre entre 1975 et 1991, il est de notre responsabilité de présenter son processus de reconstruction comme un modèle de survie en temps de crise et un exemple de renaissance de musée.

Par ailleurs, le ministère de la Culture a mis en place une politique d’expansion de la culture. Plusieurs musées ont été créés en dehors de Beyrouth avec chacun leur spécificité, comme à Tripoli et Beiteddine, ou sur des sites archéologiques comme Byblos et Baalbek. Le musée de Tripoli, par exemple, se trouve dans l’ancien château de la ville, où il a été installé pour mettre en avant un monument, mais également une collection, qui couvre par ailleurs toute la région du nord du Liban. Outre cette politique de promotion de la périphérie pour rétablir un équilibre avec le centre, deux défis se présentent : d’une part, réhabiliter et moderniser les musées, d’autre part en ouvrir de nouveaux.

C’est ainsi qu’en avril 2018 a été créé le Conseil des musées, un organisme indépendant au sein du ministère de la Culture. Cette jeune administration a pour mission de fonder des musées, de développer ceux qui existent déjà, ainsi que de promouvoir leurs collections et de les préserver. Actuellement, les villes de Beyrouth, Tyr et Saïda sont concernées par de nouveaux projets. Enfin, il appartient aux musées de répondre aux besoins des populations sur tout le territoire en soutenant l’économie locale et en respectant leurs disparités et la richesse de leur patrimoine culturel.


About Anne-Marie Maïla-Afeiche

Diplômée de l’Ecole du Louvre - Paris, Anne-Marie Maïla-Afeiche est titulaire d’une Maîtrise en Histoire de l’Art et Archéologie de l’Université d’Aix-en-Provence après l’obtention d’une licence dans la même discipline de l’Université Paris IV-Sorbonne.

Son implication auprès de la Direction Générale des Antiquités (Section des Musées) a débuté lors de son retour au Liban en 1993, après avoir passé quelques années à l’étranger. Elle œuvre alors, au sein d’une petite équipe à la réhabilitation du Musée National de Beyrouth, fortement endommagé durant les années de guerre et s’occupe plus particulièrement de la gestion des collections archéologiques. Elle participe à la remise en état du Musée et à son ouverture définitive en 1999.

En 2009, elle devient Conservatrice du Musée National de Beyrouth tout en poursuivant sa charge de Responsable des Etudes et des Publications qu’elle détient depuis 2001. Rédactrice en Chef de la Revue BAAL (Bulletin d’Archéologie et d’Architecture Libanaises), éditée par le Ministère de la Culture - Direction Générale des Antiquités, elle publie annuellement les résultats des fouilles et prospections archéologiques au Liban.

En charge de la documentation, de la recherche des objets archéologiques et de la réorganisation des réserves du Musée National, elle est également responsable des dossiers concernant le trafic illicite d’antiquités. Sa longue expérience dans le domaine muséal, lui permet en outre d’assurer, depuis 2011, un cours de «Muséologie et Patrimoine» à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Elle est nommée en avril 2018, Directeur Général et Présidente du Conseil d’Administration du Conseil National des Musées du Liban.


Sunday November 11, 2018

Kennie Ting

Directeur, Musée des civilisations asiatiques, Singapour


Abstract

Le Musée des civilisations asiatiques à Singapour : une approche muséologique panasiatique, transnationale et interculturelle

Le Musée des civilisations asiatiques est le musée d’art et d’antiquités asiatiques de Singapour. En 2012, il a entrepris de repenser radicalement son récit muséographique, passant d’une organisation géographique de sa collection et de ses galeries permanentes à une approche thématique, transnationale et interculturelle axée sur deux thèmes principaux : le commerce et la religion. Ces deux thèmes s’appuient sur la nature même de Singapour, à la fois ville marchande et port multiculturel et multiconfessionnel d’Asie. Le commerce et la religion représentent également deux forces motrices majeures dans l’histoire, tant ils ont contribué aux flux de populations, de cultures et d’idées à travers l’Asie, ainsi qu’à travers le reste du monde. Cette présentation apporte davantage de détails sur la politique actuelle de conservation du musée, ainsi que sur les opportunités, les défis et les enseignements auxquels il a pu être confronté au cours de cette transition muséographique.

About Kennie Ting

Kennie Ting est Directeur l’Asian Civilisations Museum et du Peranakan Museum, et également Directeur du groupe Musées au National Heritage Board (NHB) de Singapour, dont la mission est de superviser les musées et festivals nationaux gérés par le NHB. En tant que Directeur du musée des Civilisations asiatiques, il a accompagné la transition d’une approche géographique de conservation du musée à une approche thématique et interculturelle, et a dirigé des expositions récentes : Arts of Myanmar, Angkor and Korea ; Buddhist and Hindu Art across Asia, et sur la culture matérielle des villes portuaires asiatiques cosmopolites (Asian Port Cities). Il est actuellement Président du réseau ASEMUS (Asia-Europe Museum Network), dont le but est de promouvoir la compréhension mutuelle entre les peuples d’Asie et d’Europe par le biais d’une activité culturelle collaborative axée sur les musées.

Avant d’intégrer le NHB, il travaillait à l’ancien ministère de l’Information, de la Communication et des Arts, où il a participé à l’élaboration de stratégies pour le patrimoine et les arts, notamment le Renaissance City Plan III et la récente Arts and Culture Strategic Review. Il s’intéresse à l’histoire des voyages et à l’héritage des villes portuaires asiatiques et est l’auteur des livres The Romance of the Grand Tour – 100 Years of Travel in South East Asia et Singapore 1819 – A Living Legacy.

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